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Éric Chenut réélu président de la Mutualité Française
A l’occasion de l’Assemblée générale de la Mutualité Française, réunie ce jeudi 25 juin à la Maison de la Mutualité (Paris), les délégués ont réélu Éric Chenut à la présidence de la Fédération pour un mandat de cinq ans.
Depuis son élection en octobre 2021, Éric Chenut a porté une parole exigeante sur l'avenir de la protection sociale et annoncé des États généraux de la santé et de la protection sociale, mobilisant citoyens, professionnels et acteurs de terrain partout en France.
Sa première mandature a été jalonnée de transformations majeures pour le mouvement mutualiste. Parmi elles figurent la définition d’une raison d’être, le renforcement des actions de représentation des mutuelles adhérentes, la mise en valeur du modèle mutualiste grâce à la mesure de son empreinte et l’adoption d’un manifeste pour repenser l’avenir de la protection sociale.
Les délégués ont renouvelé leur confiance à Éric Chenut dans un contexte budgétaire en tension qui rend plus que jamais nécessaire une autre manière de travailler et de refonder ensemble notre système de protection sociale. Dès lors, pour ce nouveau mandat, Éric Chenut a fixé des orientations claires autour d’un diptyque de performance et action.
A la veille d’échéances électorales majeures et afin d’agir toujours davantage au service de ses mutuelles adhérentes et des plus de 32 millions de personnes qu’elles protègent, la Mutualité Française entend poursuivre et renforcer son engagement dans le débat public. Elle continuera à faire entendre sa voix et à valoriser son expertise sur les grands enjeux de protection sociale, notamment en matière de santé, d’autonomie, de prévoyance, d’épargne et de retraite.
Dans son discours, le président réélu a réaffirmé le rôle central du monde mutualiste face aux défis du système de santé et de protection sociale.
Pour Éric Chenut : “Parce que les mutuelles jouent un rôle clé dans le quotidien de nos concitoyens, parce que nous sommes les artisans et les garants d’une société de réconciliation, le rôle de nos organisations est précieux ! A l’heure où notre société est fracturée, culturellement, socialement, économiquement, politiquement, nous recréons des ponts, des liens, du sens en défendant un modèle de société fondé sur la solidarité, l’entraide, une société où tout le monde protège tout le monde.
Appel de la Mutualité Française : Taxer la santé et dérembourser les soins, ce n’est pas réformer
Veuillez trouver ci-dessous l'Appel lancé par la Mutualité Française à l’occasion de son Assemblée générale, réunie ce jeudi 25 juin à la Maison de la Mutualité (Paris).
Nous, élus et dirigeants mutualistes, agissant par et pour les adhérents et les assurés sociaux, avons pour seule boussole de protéger les populations par des couvertures mutualisées solidaires accessibles à toutes et à tous.
Taxer la santé et dérembourser les soins, ce n’est pas réformer
Le Gouvernement, une nouvelle fois, veut transférer des dépenses de l’assurance maladie aux mutuelles et à leurs adhérents, dans une ampleur inédite, sans débat et sans exclure dans un second temps de taxer encore plus lourdement les couvertures santé.
En quoi transférer 2 milliards d’euros supplémentaires solutionnerait l’accès aux soins dans le pays ? Rechercher un médecin traitant aux 5 millions d’assurés sociaux qui n’en n’ont pas, faire reculer les déserts médicaux qui couvrent 87 % du territoire national : là devraient être les priorités d’action.
En quoi taxer encore plus lourdement les couvertures santé, donc les ménages et les entreprises, résoudrait l’emballement des dépenses de santé ? Les fraudes, la place grandissante de groupes financiers extérieurs à la santé, des dysfonctionnements, l’insuffisance de la prévention coûtent cher au détriment de la santé et de l’intérêt général. Mobiliser les acteurs pour construire ensemble les réformes : là devrait être l’urgence.
En quoi taxer la santé responsabiliserait les assurés sociaux ? La santé n’est pas un bien de consommation. Mettre les assurés sociaux en capacité de comprendre les enjeux et d’agir pour leur santé : là devrait être un principe d’action politique…
La dégradation des finances sociales, due au contexte géopolitique, devrait au contraire nous amener à penser une réforme du financement de la protection sociale. Les arbitrages comptables ne règlent rien, ne répondent pas aux besoins et ne peuvent au contraire qu’aggraver la situation. Ils sont donc irresponsables :
- Par manque de courage pour engager la refondation du pacte social avec deux principes indissociables, la responsabilité et la confiance, en associant les parties prenantes ;
- Par destruction à bas bruit des principes fondateurs de notre Sécu – chacune et chacun cotisant selon ses moyens et recevant selon ses besoins – avec la certitude de creuser les inégalités et de déconstruire les solidarités intergénérationnelles ;
- Par l’organisation du « définancement » de l’assurance maladie, de manière hypocrite, et sans assumer de transférer la charge directement aux ménages et aux entreprises.
Réformer suppose de poser un diagnostic, de débattre des options, d’associer les parties prenantes.
Refonder l’articulation entre assurance maladie et complémentaires santé est une nécessité ;
Redéfinir les périmètres d’intervention des financeurs avec les moyens de gérer le risque est indispensable ;
Redonner la parole, et du choix, aux assurés sociaux est un impératif pour garantir l’acceptabilité des réformes à conduire ;
Repenser la gouvernance du système en associant toutes les parties prenantes, financeurs, professionnels, patients est une exigence démocratique.
Nous en appelons solennellement à la responsabilité du Gouvernement : des décisions comptables ne peuvent saper les principes de solidarité et d’universalité. Aucune décision touchant à de tels enjeux ne peut être prise sans débat démocratique et il n'est jamais trop tard pour changer de méthode. Assurance maladie, mutuelles, professionnels de santé, partenaires sociaux, représentants des patients, élus territoriaux doivent être mis en situation d’apporter des réponses durables pour améliorer la santé des Français. C’est un simple préalable.
A notre place, nous nous mobiliserons, au niveau national et sur chaque territoire, pour que les décisions qui engagent l'avenir de la protection sociale de toutes et tous ne soient pas prises contre chacune et chacun.
Notre modèle social n’est pas un héritage à balayer, c’est un projet de civilisation à défendre, à promouvoir et à réinventer. Dans ce combat, nous prendrons toute notre part, de façon responsable et déterminée.
A travers ce texte, le mouvement mutualiste sanctionne d'un carton rouge la taxation de la santé et les déremboursements de soins, tout en rappelant que " réformer suppose de poser un diagnostic, de débattre des options, d’associer les parties prenantes ".
- Protection sociale parrainé par MNH
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