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14 / 10 / 2026 | 16 vues
Rodolphe Helderlé / Journaliste
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Partage de la valeur : comment négocier chaque levier avec une approche globale ?

Quelles informations doivent recueillir les représentants des salariés pour avoir une approche globale quand il s’agit de négocier la participation, l'intéressement, la prime de partage de la valeur, l'actionnariat salarié, l'abondement ou encore le plan de partage de la valorisation de l'entreprise qui composent le “parent pauvre” du partage de la valeur. Retour sur le direct du 6 octobre 2026 organisé par Miroir Social en partenariat avec le cabinet d’expertise comptable Euro Compta Analyse www.lesexpertsCSE.fr 

 

“Après contestation de la déductibilité fiscale d'une provision pour PSE, une enveloppe de participation a été corrigée suite à des débats techniques avec une direction d’entreprise ce qui a eu pour effet de porter la participation de 5000€ à près de 20 000€ par salarié”, illustre Gérard Lejeune, expert-comptable et commissaire aux comptes, fondateur du cabinet Euro Compta Analyse qui met en avant tous les bénéfices du droit à expertise des CSE sur le contrôle du mode de calcul de la réserve spéciale de participation. 

 

“C’est la seule expertise qui relève du contrôle technique.  Dans de nombreux cas, on rencontre des erreurs techniques, plus ou moins significatives, mais c’est aussi l’occasion pour les élus de bien saisir ce que l’on met ou pas dans les différents éléments du calcul. Il faut comprendre ce qui conditionne la création de valeur pour négocier au mieux globalement entre les différents leviers possibles que sont la participation, l'intéressement, la prime de partage de la valeur, l'actionnariat salarié. L'abondement ou encore le plan de partage de la valorisation de l'entreprise”, souligne Gérard Lejeune qui considère que cette expertise spécifique financée à 100 % à l’employeur à toute sa raison d’être indépendante et corrélée à l'expertise annuelle sur les comptes. 

Formule dérogatoire

Négocier une formule dérogatoire de calcul de la réserve spéciale de participation, c’est obtenir une augmentation de l’enveloppe. "Un accord dérogatoire se justifie dans plusieurs situations :  celui des sociétés surcapitalisées dont la part des capitaux propres rémunérant les actionnaires à hauteur de 5 % gomme le bénéfice. Il en va de même pour les flux intragroupe, contrats de commissionnaires, management fees, redevances de marque qui rognent la profitabilité. C’est aussi l’occasion de prendre en compte la profitabilité du groupe", explique Othmane Engar, expert-comptable mémorialiste chez Euro Compta Analyse qui a réalisé en 2026 une mission financée par le CSE d’une ETI dans l’import-export. 
 

"Notre objectif n’était pas de contrôler mais d’obtenir des simulations sur la neutralisation partielle du niveau de salaire dans la redistribution de la participation avec un formule de calcul dérogatoire qui intègre les 3 sociétés qui forment l’UES du groupe en France. Cela vise à alimenter la négociation conduite par les syndicats”, précise Ingrid, déléguée syndicale de cette entreprise qui emploie plus de 2500 salariés dans le monde depuis son siège français qui emploie moins de 100 salariés. Et Ingrid de rebondir : “Nous négocions le partage de la valeur en activant le levier de la participation qui ne concerne que la France sans avoir les moyens de peser dans les autres pays d’implantation où le cadre est différent”. 

Partage de la valeur et engagement

Au Crédit Agricole, l’intéressement représente plus de 13,6 % de la masse salariale. Sur les fonctions centrales qui emploient 2300 salariés, on est passé d’une enveloppe de 20 millions d’euros en 2021 à 29 millions en 2025. Soit une moyenne de 10 000 € par salarié avec une répartition à 70 % en fonction du salaire. “L’intéressement est vraiment lié aux performances de chaque activité qui composent le groupe. Dans l'activité immobilière, l’intéressement moyen est plus proche des 500 €. Plusieurs syndicats demandent donc la possibilité de négocier un accord de participation groupe qui puisse permettre de davantage partager la valeur au niveau du groupe. La direction s’y refuse pour le moment”, déclare Valérie Delacourt, coordinatrice CFDT du groupe Crédit Agricole SA. 


Chez GMF (groupe Covéa), la participation et l’intéressement représentent aussi une partie significative de la rémunération globale. Deuxième organisation syndicale de GMF, la position de la CGT est délicate dans le cadre des négociations de ces leviers désocialisés et non pérennes. "Nous signons les accords parce qu'il faut être pragmatique. Pour nombre de nos collègues, il ne s'agit pas d'un partage de la valeur, mais bien d'un élément de rémunération essentiel. Qui serions-nous pour leur dire : nous ne signons pas sur des grands principes ?", considère Daniel Dargacha Sable, délégué syndical CGT GMF où pour la première fois l’abondement maximum sur l’épargne salariale a été baissé de 100 € car le taux d'absentéisme s’était dégradé. Et de conclure : "c’est une punition collective pour défaut d’engagement or l’absentéisme n'est pas une volonté des salariés, il est souvent lié aux conditions de travail. L'engagement n'est pas le sujet. Un salarié est engagé dès lors qu'il signe son contrat de travail. C'est un principe de confiance."