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30 / 06 / 2026 | 14 vues
CFE-CGC Orange / Membre
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Intelligence artificielle chez Orange : les principes qui guideront l'analyse de la CFE-CGC.

Le CSEC Orange sera prochainement consulté sur la stratégie du Groupe en matière d'intelligence artificielle.

 

Cette consultation intervient à un moment charnière. L'intelligence artificielle n'est plus un sujet prospectif. Elle entre progressivement dans le quotidien de l'entreprise. Développement logiciel, réseaux, cybersécurité, relation client, fonctions support, gestion des connaissances : aucun métier ne restera durablement à l'écart de cette évolution.

 

Les thèmes annoncés pour cette consultation – gouvernance, éthique, transparence, accompagnement des salariés ou conformité réglementaire – sont les bons. Ils correspondent aux questions auxquelles toutes les grandes entreprises sont désormais confrontées.

 

Pour la CFE-CGC, l'enjeu sera moins de commenter les intentions que d'apprécier les réponses qui seront apportées.

 

Car une stratégie d'intelligence artificielle ne se juge pas uniquement à la qualité de ses modèles ou au nombre de projets déployés. Elle se juge à sa capacité à renforcer durablement les compétences, la confiance, la qualité du travail et l'intelligence collective de l'entreprise.

 

C'est à partir de cette conviction que nous avons élaboré un référentiel commun destiné à guider l'analyse de nos élus.

 

Notre première attention portera sur la gouvernance.

 

Une technologie qui transforme les métiers, les compétences, les organisations et les modes de décision ne peut être pilotée par les seules fonctions techniques. Les métiers, les managers, les ressources humaines, les experts, les représentants du personnel et les collectifs de travail doivent être associés suffisamment en amont pour éclairer les choix avant qu'ils ne deviennent irréversibles.

 

L'expérience montre qu'un projet construit avec ceux qui connaissent le travail réel est généralement plus robuste, mieux approprié et plus efficace.

 

Nous serons également attentifs aux usages les plus sensibles, notamment lorsqu'ils concernent les ressources humaines.

 

L'AI Act rappelle que les systèmes intervenant dans le recrutement, la mobilité, la formation, l'évaluation ou l'organisation du travail appellent des garanties renforcées. Pour la CFE-CGC, ces garanties sont claires : supervision humaine effective, explicabilité, traçabilité des décisions et possibilité de recours pour les salariés concernés.

 

Notre analyse portera également sur un sujet encore largement sous-estimé : les effets de l'intelligence artificielle sur les compétences.

 

Depuis deux ans, le débat public se concentre sur les gains de productivité ou les emplois susceptibles d'évoluer. Une autre question mérite pourtant d'être posée : comment préserver le capital cognitif de l'entreprise ?

 

À mesure que l'intelligence artificielle assiste la recherche d'information, la rédaction, le développement logiciel, l'analyse ou certaines prises de décision, quelles compétences risquent de s'éroder ? Comment préserver les savoir-faire critiques ? Comment organiser leur transmission ? Comment maintenir l'esprit critique face à des systèmes dont les réponses paraissent de plus en plus convaincantes ?

 

Ces questions ne relèvent pas de la prospective. Elles concernent directement la capacité d'Orange à conserver, développer et transmettre les expertises qui font sa force.

 

Nous serons également attentifs à la manière dont seront évalués les effets des projets sur les conditions de travail : évolution de l'autonomie, charge cognitive, coopération entre équipes, qualité du travail, engagement, risques psychosociaux. Les bénéfices d'un projet ne peuvent être appréciés uniquement au regard de ses performances opérationnelles.

 

La même exigence vaut pour les impacts environnementaux.

 

Le développement de l'intelligence artificielle s'accompagne de consommations croissantes d'énergie, d'eau et de ressources critiques. Dans le même temps, les infrastructures, les processeurs et les modèles progressent rapidement vers davantage d'efficacité. L'évaluation environnementale doit donc être dynamique, objectivée et régulièrement actualisée. Elle doit surtout encourager une IA frugale : privilégier les usages créateurs de valeur, choisir des modèles adaptés aux besoins et rechercher en permanence le meilleur équilibre entre performance et sobriété.

 

Nous veillerons de plus aux questions ayant trait à l'autonomie stratégique lié aux choix technologiques de l'entreprise. 

 

Enfin, une question devra progressivement trouver sa place dans le dialogue social : celle du devenir du temps rendu disponible par l'intelligence artificielle.

 

S'il existe des gains de productivité, comment seront-ils réinvestis ? Dans la relation client ? Dans la montée en compétences ? Dans l'innovation ? Dans l'amélioration des conditions de travail ? Cette réflexion participe pleinement du projet d'entreprise.

 

La consultation qui s'ouvre constitue une étape importante.

 

Elle ouvre surtout un débat qui accompagnera durablement le développement de l'intelligence artificielle au sein du Groupe.

 

La CFE-CGC l'abordera avec une ligne constante : soutenir les innovations lorsqu'elles renforcent les capacités humaines, demander les garanties nécessaires lorsqu'elles touchent aux compétences, aux conditions de travail ou aux droits des salariés, et veiller à ce que les engagements sociaux, environnementaux et industriels d'Orange progressent au même rythme que ses ambitions technologiques.

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