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14 / 07 / 2026 | 6 vues
Valérie Forgeront / Membre
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Fast fashion : un déferlement sans fin ?

Fin de l’épopée Shein au BHV à Paris.... Le départ (en décembre prochain) de la marque chinoise de fast fashion du grand magasin qui l’avait accueillie en novembre dernier a été annoncé en juin.

 

Cette présence de l’enseigne de vêtements à très petits prix était « une erreur stratégique », a indiqué l’ancien directeur général du BHV.


Cette hyper visibilité de Shein (ce sera encore le cas dans cinq BHV de province) a nourri les critiques tout l’hiver. Cela d’autant que nombre de marques historiques de vêtements luttent depuis des années, et souvent en vain, contre la concurrence déloyale de cette production très bas de gamme qui déferle sur l’Europe.

 

Des vêtements (parfois faits de matières toxiques) fabriqués très loin et par milliers de tonnes.

 

Des produits qui, confectionnés à très bas coût, principalement du fait de l’absence de salaires et de conditions de travail décents, symbolisent le dumping social installé dans le secteur textile à la faveur de la mondialisation.

 

Décidée par le gouvernement et entrée en vigueur en mars dernier, la taxe française de 2 euros « sur les petits colis » se faisait fort de lutter contre ces plateformes… lesquelles ont trouvé la parade, expédiant leur production dans d’autres pays européens, puis, de là, réexpédiant en France.

 

Un combat compliqué

 

À cette taxe suspendue le 1er juillet se substitue un droit de douane européen de 3 euros. Une loi, promulguée le 8 juillet (la proposition de loi avait été déposée en janvier 2024) entend, elle, « réduire l’impact environnemental de l’industrie textile ». Sa portée semble modeste.


Si est créé, dès septembre, un malus pouvant aller, d’ici 2030, jusqu’à 50% du prix de vente hors taxes dans la limite de vingt euros, l’interdiction de la publicité, l’obligation de notifier le pays de fabrication ou encore d’appeler dans un message au réemploi et à la réparation, le texte, visant l’ultra fast fashion – moins dur que prévu à la suite des critiques de la Commission européenne en 2025 –, traduit, malgré lui, les difficultés du combat contre les pratiques de marques, y compris historiquement européennes, fabriquant aux antipodes.

 

Quant à celles aux pratiques ouvertement de fast fashion, elles ont leurs ruses. Ainsi, Shein et Temu ont leurs sièges sociaux en Irlande, donc en Europe.

 

La France doit notifier les décrets d’application de sa loi à la Commission européenne. Reste à la convaincre.

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