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Solde négatif : la France ferme plus d’usines qu’elle n’en ouvre
Malgré nos nombreuses alertes, la réalité d’une nouvelle phase de désindustrialisation ne cesse de se confirmer par des chiffres concrets. Selon le cabinet Trendeo, la France a connu davantage de fermetures que d’ouvertures d’usines en 2025. Le solde négatif est de -63, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 2013.
Le solde était déjà négatif en 2024 (-15), mais la dégradation s’est nettement accentuée.
Le cabinet Trendeo précise que toutes les catégories d'entreprises ouvrent moins d'usines, avec un décrochage particulièrement marqué chez les PME. Certaines activités, comme l’aéronautique, sont préservées mais bien d’autres secteurs de la métallurgie sont frappés de plein fouet par ce phénomène. Un chiffre résume tout : la France ne produit plus que 38 % de ce qu’elle consomme. Tout indique que la situation va grandement empirer si rien ne change.
Le mouvement de réindustrialisation que les pouvoirs publics ont affirmé vouloir impulser semble désormais totalement à l’arrêt. Une partie de la classe politique en a pris conscience.
Clément Beaune, le Haut-commissaire à la Stratégie, a lui-même affirmé ce lundi que notre industrie était en « danger de mort ».
Mais une prise de conscience est inutile si elle n’est pas suivie d’actes.
Au niveau national et européen, des mesures ambitieuses doivent être mises en œuvre : un moratoire sur les normes de décarbonation pour certains secteurs comme la sidérurgie, le conditionnement des aides publiques au maintien des emplois sur le territoire, une réelle politique de souveraineté industrielle ou encore des réformes d’envergure pour préserver notre production automobile en tirant parti de la transition électrique.
Nous l’avons déjà dit et nous le répéterons tant que les pouvoirs publics n’auront pas tiré les conclusions qu’impose la situation actuelle : l’espoir ne fait pas vivre, seule une action à la hauteur peut infléchir la spirale actuelle
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Seules deux régions parviennent à sauver les meubles
Selon le cabinet Trendeo qui vient de publier son bilan : les annonces d'investissements atteignent un record.....mais en très grande partie liées aux projets de centres de données.
Car, la France aurait selon eux , enregistré une perte nette de 63 usines.
Trendeo constate un "décrochage" particulièrement marqué chez les PME.
Seules deux régions sortent du lot : l’Occitanie et Paca qui affichent un solde positif respectif de 4 et 3 usines, pour 3.757 et 3.243 emplois nets supplémentaires.
Voir:
DOSSIER - La "réindustrialisation" en panne : comment relancer la machine ?
Industrie automobile : 33 % des effectifs ont disparu en France
Nos alertes sur les menaces qui pèsent sur notre industrie automobile ne cessent malheureusement d’être confirmées par les chiffres.
Selon l’Insee, en France les effectifs ont chuté de 33 % entre 2010 et 2023. Durant cette période, le nombre d’emplois est passé de 425 500 à 286 800, soit une perte de 139 000 équivalents temps plein.
Cette diminution concerne l’ensemble de la filière automobile. Les fournisseurs (équipementiers, carrossiers, fabricants de composants) ont perdu 92 700 emplois, tandis que les constructeurs en ont perdu 46 000.
L’Insee précise que ces destructions d’emplois ont été engendrées par la baisse des ventes, les fermetures d’usines et les délocalisations.
Si ces chiffres confirment nos analyses, le plus inquiétant tient à l’accélération de la tendance depuis 2023. Sans une stratégie industrielle véritablement ambitieuse, cette spirale infernale se poursuivra.
La France doit impérativement mettre tout en œuvre pour préserver un niveau de production élevé sur son sol et renforcer la part de contenu local.
Dans cette optique, il est notamment urgent de conditionner les aides publiques à des contreparties exigeantes en matière d’emploi, de formation et de production sur notre sol, de mettre en œuvre un véritable mécanisme de défense commerciale face aux importations asiatiques, ou encore d’instaurer un tarif électrique compétitif pour les sites de production.
Il n’y a pas de fatalité : si nous créons les conditions, notre filière automobile peut continuer à produire, innover et créer de la valeur sur notre territoire.