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03 / 03 / 2026 | 6 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Santé des femmes au travail: l'enquête d’AG2R LA MONDIALE éclaire les enjeux RH

La santé des femmes salariées constitue aujourd’hui un enjeu structurant pour les entreprises. Elle ne se limite pas à des situations individuelles ou exceptionnelles, mais concerne des réalités biologiques, sociales et professionnelles qui s’inscrivent dans la durée : santé gynécologique, hormonale, reproductive et mentale, à différents moments de la vie. Ces dimensions interagissent avec l’organisation du travail, les conditions d’exercice de l’activité professionnelle et la culture managériale.

 

Pour les décideurs, mieux comprendre ces mécanismes devient un levier essentiel de prévention, de maintien dans l’emploi et de qualité de vie au travail.

 

C’est dans cette perspective que les pôles professionnels d’AG2R LA MONDIALE ont conduit une enquête nationale - à partir d’un échantillon de près de 8 000 salariées -  dédiée à la santé des femmes dans plusieurs secteurs clés, destinée à apporter aux dirigeants et responsables RH des éléments objectifs pour mieux comprendre l’impact de la santé des femmes sur la vie de l’entreprise.

 

Douleurs, santé mentale et continuité de l’activité

 

L’enquête met en évidence une interaction forte entre douleurs chroniques et santé mentale. Parmi les femmes concernées :

  • 18 % des femmes sont atteintes de fibromes(1)
  • 17 % de celles atteintes d’endométriose(2)
  • 59 % des femmes ménopausées ou pré-ménopausées signalent des troubles dépressifs.

De façon transversale, 43 % des femmes souffrant de douleurs chroniques déclarent également des symptômes dépressifs. Cette interaction entre douleur, fatigue, stress et troubles du sommeil a des conséquences directes sur la concentration, la régularité du travail et le bien-être professionnel.

 

Santé gynécologique : un facteur organisationnel concret

 

Les résultats montrent que la santé gynécologique influence fortement le quotidien professionnel : 83 % des femmes déclarent ainsi être gênées par leurs règles au travail. Pour 30 %, cette gêne est aggravée par l’absence de sanitaires adaptés ou par la difficulté d’accès à des protections périodiques. Trois situations principales se distinguent :

  • Dysménorrhées(3), endométriose, fibromes : les douleurs, la fatigue et les flux abondants impactent les capacités physiques, la concentration et l’organisation du travail.
  • Parcours de santé reproductive (procréation médicalement assistée, grossesses arrêtées, post-partum) : 19 % des répondantes rencontrent des difficultés à concilier rendez-vous médicaux et horaires de travail, dans des parcours souvent longs et éprouvants.
  • Périménopause(4) et ménopause : pour 1 sur 2 femmes, ces périodes influencent le travail. Pourtant, moins d’1 sur 4 femmes estime que ces troubles sont pris en compte dans l'entreprise.
     

Travail et santé mentale : un phénomène d’accumulation
 

59 % des femmes établissent un lien entre leur santé mentale et leur activité professionnelle. L’étude met en évidence une logique d’accumulation de facteurs : charge domestique, monoparentalité, rôle d’aidante, douleurs chroniques, troubles hormonaux, violences vécues... Le travail devient le lieu où ces contraintes se manifestent et se cumulent. Par ailleurs, 70 % des femmes estiment que leurs douleurs sont liées à leur activité, soulignant l’interdépendance entre organisation du travail, santé physique et santé mentale.

 

Managers : un levier clé encore insuffisamment mobilisé

 

L’enquête souligne un écart entre les besoins exprimés et la réalité des pratiques : Seules 22 % des salariées se sentent à l’aise pour évoquer des sujets de santé spécifiques à la femme sur leur lieu de travail. La formation des managers à ces enjeux figure parmi les attentes les plus fortes des répondantes. Pour les décideurs, ces résultats interrogent directement la capacité de l’entreprise à instaurer un climat de confiance et à prévenir les situations de désengagement ou de rupture professionnelle.

 

Vulnérabilités et facteurs de risque

 

Certaines situations augmentent significativement les risques de troubles dépressifs : 27 % des femmes ayant subi des violences ou des situations de harcèlement cumulent plusieurs symptômes dépressifs. 29 % des mères seules et des aidantes sont dans la même situation. Ces données rappellent l’importance d’une approche globale de la santé au travail, intégrant les déterminants sociaux et personnels.

 

Un message clair pour les entreprises

 

Les femmes interrogées expriment une attente commune : pouvoir continuer à travailler. Elles ne demandent pas une réduction de leur activité, mais des ajustements organisationnels, un dialogue ouvert et une meilleure compréhension de leurs besoins de santé. Pour les entreprises, ces attentes renvoient directement à des enjeux de prévention, de fidélisation, de maintien dans l’emploi et de performance durable.

 

Santé des femmes et culture d’entreprise

 

1 sur 3 femmes a déjà partagé avec son employeur les raisons de santé à l’origine d’un changement professionnel. 22 % seulement se sentent à l’aise pour parler de santé féminine au travail. Moins d’1 sur 4 femmes estime que son entreprise s’adapte à ces problématiques, quel que soit l’âge de la personne ou la taille de la structure.
 

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