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Samsung Electronics : les salariés négocient une méga prime liée aux bénéfices de l’IA
L’entreprise sud-coréenne, qui fabrique les puces utilisées dans les centres de données nécessaires à l’intelligence artificielle, a vu ses bénéfices exploser.
Face à la menace d’une longue grève pour les salaires et le partage des richesses engrangées grâce à l’IA, elle a dû ouvrir des négociations. Alors que le bénéfice d’exploitation de Samsung Electronics a bondi de 750% en un an, les salariés du géant sud-coréen tardaient à récolter les fruits de leur succès.
L’entreprise, qui fabrique entre autres des puces mémoire – utilisées dans les smartphones et les véhicules électriques, mais aussi dans les centres de données – a connu un essor phénoménal en lien avec le boom de l’intelligence artificielle (IA).
En mai, sa capitalisation boursière a dépassé 1000 milliards de dollars.
Après de longues négociations menaçant de déboucher sur une impasse, le syndicat majoritaire SELU a finalement levé son préavis prévoyant une grève de dix-huit jours. En cause, la signature d’un accord jugé suffisamment favorable aux salariés. Ceux de la division des semi-conducteurs ont obtenu une prime annuelle correspondant à 10,5% du bénéfice d’exploitation de leur département, versés en actions, et 1,5% de plus versés en argent – soit environ 509 millions de wons (290000 euros) chacun. Mais, attention, le bonus est conditionné à d’ambitieux objectifs de performance.
Les autres branches de Samsung Electronics ont également obtenu des primes, mais bien moindres.
Les salaires ont par ailleurs été augmentés de 6,2% en moyenne.
La Corée du Sud a ainsi échappé à une grève qui aurait rudement secoué son économie. Samsung Electronics représente désormais 12,5% de son PIB, et les puces mémoire constituent 35% des exportations nationales.
Avec l’IA, des craintes pour l’emploi toujours vives
Pour Branislav Rugani, secrétaire confédéral du secteur International Europe, il convient cependant de relativiser cette victoire affichée.
Le versement de primes sous forme d’actions est de plus en plus courant, pointe-t-il : « Ces entreprises ont simplement trouvé une astuce pour que les salariés se sentent plus concernés, plus impliqués dans leurs gains. »
L’idée d’une redistribution des bénéfices liés à l’IA le laisse également dubitatif : « Ce n’est pas pour autant que les craintes pour l’emploi disparaissent. » En la matière, la ligne de la Confédération FO reste claire, rappelle-t-il : « Pas de pertes d’emplois, mais plutôt une modification de la structure des emplois, pour amélior