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27 / 01 / 2026 | 5 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Pour une véritable « refondation sociale »

Vrai sujet, compte tenu de la dégradation des relations sociales et du climat général qui se développe dans la population au regard  du spectacle affligeant que nous livre les parlementaires, des postures des uns et des autres qui ne conduisent pas à apaiser les choses, les yeux de la plupart des acteurs étant rivés sur 2027...échéance censée apporter des réponses plus claires aux préoccupations qui s'expriment véritablement...???...pas si sûr !!!

 

L’affaiblissement continu des droits des salariés, du syndicalisme et de la négociation sociale alimente le divorce entre les classes populaires, la gauche de gouvernement et la démocratie.

 

A cet égard la dernière note de Guillaume Duval (*) publiée par la Fondation Jean Jaures la semaine dernière mérite attention et nul doute qu'elle devrait nourrir les réflexions du moment...

 

Pour l'auteur, ces dernières années ont été marquées par des reculs constants en matière de droits des salariés et de leurs représentants et par une éclipse de la négociation sociale tant au niveau des branches professionnelles qu’au niveau interprofessionnel. Le tout s’est accompagné d’un affaiblissement continu d’un mouvement syndical toujours aussi divisé malgré des mouvements sociaux importants, comme celui de 2023 contre la réforme des retraites.

 

La présidence d’Emmanuel Macron a été particulièrement négative sur ce plan. Elle ne faisait cependant que prolonger et aggraver une tendance déjà à l’œuvre. La droite libérale mais aussi la gauche de gouvernement avaient, en effet, déjà adhéré auparavant à une conception de la politique de l’offre qui impliquait de tels reculs. Ceci explique pour une part substantielle le divorce croissant intervenu entre les couches populaires et cette gauche de gouvernement. Un fossé qui est au cœur de la profonde crise que traverse le pays avec, concomitamment, la montée de l’extrême droite et de l’abstention au sein des classes populaires.

 

Il faut inverser cette dynamique en renforçant les droits des salariés, en consolidant le syndicalisme et en relançant la négociation sociale. C’est une exigence de justice sociale et c’est indispensable pour renforcer la démocratie, mais c’est aussi nécessaire pour restaurer la compétitivité de l’économie française car celle-ci nécessite une implication plus forte des salariés dans la vie de leurs entreprises.

 

Les mesures présentées dans cette note(**) permettraient de modifier de façon significative le fonctionnement de la société française et les rapports de force en son sein au profit des plus faibles, en ne mobilisant quasiment aucun moyen budgétaire supplémentaire. Ceci constitue d’ailleurs un atout majeur dans un contexte marqué par une situation des finances publiques qui laisse peu de marge de manœuvre.  


Il ne s’agit pas cependant de revenir à un passé mythifié, mais bien de construire une démocratie sociale du XXIe siècle, adaptée à la nouvelle donne de l’économie et de la société. Pour y parvenir, il convient d’agir en même temps sur plusieurs leviers.

 

Les principales propositions:

 

  • renforcement des droits des salariés dans les petites entreprises,
  • instauration d’une codétermination inspirée du modèle allemand
  • relancer et renforcer   la négociation collective à tous les niveaux
  • renforcer l’indépendance financière du syndicalisme et l’inciter à se regrouper 
  • unifier progressivement les statuts du privé et du public
  • désétatiser, démocratiser et clarifier la gestion de la protection sociale

 

Cette refondation, peu coûteuse budgétairement mais politiquement structurante, est selon lui  indispensable pour revitaliser la démocratie et renforcer la compétitivité de l’économie française.

 

(*) Guillaume Duval est ingénieur de formation. Il a travaillé quinze ans dans différentes multinationales avant de devenir journaliste puis rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques. Il a été ensuite speechwriter du Haut Représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères Josep Borrell. Il a également été membre du Comité économique, social et environnemental (CESE). Il est actuellement conseiller auprès de l’institut Jacques-Delors et coprésident du Club Maison commune. Il est l’auteur de nombreux ouvrages.

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