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10 / 06 / 2026 | 5 vues
Fanny Darcillon / Membre
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États-Unis : 1,7 milliard par an pour torpiller la création de syndicats

Selon les calculs du think tank EPI (*) , les patrons américains ne lésinent pas sur les moyens pour empêcher les travailleurs de s’organiser et de défendre leurs droits. L ’année 2025 a été bonne pour le syndicalisme états-unien.

 

Avec plus de 16,5 millions de travailleurs représentés – soit 463000 de plus qu’en 2024 –, les organisations sont à leur plus haut niveau depuis seize ans. Mais un autre chiffre, dévoilé fin mai dans un rapport du th nk tank Economic Policy Institute (EPI), se révèle très alarmant pour l’état de la lutte collective des travailleurs dans le pays : les patrons américains, notamment ceux des grands groupes, dépenseraient au moins 1,7 milliard de dollars par an afin d’empêcher la création de syndicats.

 

« Les employeurs font tout ce qu’ils peuvent pour que les syndicats ne puissent pas se monter, car ensuite ils ne peuvent pas revenir en arrière, ils sont obligés de passer par le syndicat pour négocier », expose Branislav Rugani, secrétaire confédéral du secteur International-Europe.

 

Des entreprises comme Amazon ou Starbucks embauchent ainsi à grands frais des consultants et des juristes spécialisés dans les stratégies de torpillage de la syndicalisation.

 

« Ces cabinets jouent désormais un rôle significatif dans le fait de refuser aux travailleurs leurs droits syndicaux et leur droit à la négociation collective », dénonce le think tank.

 

Cinquante millions de travailleurs en mal de syndicat

 

Selon l’EPI, en 2019 plus de cinquante millions de travailleurs américains souhaitaient se syndiquer, mais sans le pouvoir. Sur le papier, le processus de création d’un syndicat est pourtant relativement simple : si 30% des travailleurs d’une entreprise veulent former une « unité de négociation », ils peuvent déposer une demande d’élection auprès du Bureau national des relations de travail (NLRB).

 

Mais très fréquemment, les patrons et leurs consultants tentent alors de faire valoir des désaccords sur la formation de ces unités de négociation ou sur la logistique des élections, et ainsi déposer des recours allongeant indéfiniment les délais.

 

En avril 2026, le NLRB a par exemple ordonné à Amazon de négocier avec 5000 salariés d’un entrepôt de Staten Island (New York), qui avaient exprimé par le vote leur souhait de s’organiser syndicalement… il y a quatre ans. Le groupe a fait appel de cette décision, et cet appel est suspensif.

 

(*) https://www.epis-thinktank.com/

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