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Diagnostic de Performance Energétique, logement, transition énergétique : NON à une réforme qui pénalise les salariés, les usagers et le service public!
La transposition de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (DPEB), à travers l’évolution du DPE, s’inscrit officiellement dans un objectif de transition énergétique. Sur le terrain, ses effets sont tout autre : accumulation de contraintes qui fragilise à la fois les ménages, le secteur du logement et, indirectement, l’avenir même du réseau gaz et de ses salariés. Une réforme déconnectée des réalités sociales
Le DPE, censé à l’origine encourager l’isolation et la sobriété énergétique, est devenu un outil de classement et de sanction patrimoniale.
Concrètement, les banques conditionnent désormais l’octroi des crédits à la réalisation de rénovations globales coûteuses, intégrées aux plans de financement; de nombreux projets immobiliers sont bloqués ou abandonnés ; le parc locatif se réduit, les propriétaires renonçant à louer face à des obligations toujours plus lourdes ; certains segments du marché de l’ancien sont aujourd’hui quasi paralysés. Et ce, dans un contexte déjà tendu : hausse des taux d’intérêt, inflation, baisse du pouvoir d’achat, explosion du coût des travaux.
Ajouter de la contrainte à la contrainte : une erreur politique
L’arrêté de transposition de la directive européenne prévoit de rajouter de nouvelles exigences réglementaires dans un système déjà à bout de souffle. C’est, une fois de plus, de la peine ajoutée à la peine.
Le paradoxe est frappant :
- D’un côté, l’Europe renforce l’harmonisation et le pilotage centralisé des politiques énergétiques
- De l’autre, des parlementaires français tentent d’assouplir certaines règles, conscients de la crise du logement qui s’aggrave
Ce texte arrive ainsi au pire moment, sans articulation avec les réalités économiques et sociales du pays
Un impact lourd pour l’ensemble des salariés de la filière gaz
- Accélération de la sortie du gaz dans le résidentiel, non pas par choix éclairé mais par exclusion réglementaire
- Baisse structurelle des volumes distribués
- Fragilisation de l’assiette tarifaire
- Tensions croissantes sur le financement du réseau et sur l’emploi
Ce sont les salariés qui risquent, à terme, de payer les incohérences des politiques publiques, alors même qu’ils sont pleinement engagés dans la transition énergétique. La transition ne peut pas se faire contre la population!
Le gouvernement ne peut pas exiger indéfiniment des rénovations globales hors de portée financière pour la majorité des ménages ; ni transformer le logement en produit discriminant réservé à ceux qui ont les moyens et mener la transition énergétique au détriment du service public, des usagers et des salariés.
Notre fédération revendique :
- Une pause normative et une évaluation sérieuse des impacts sociaux et économiques du DPE;
- Une transition progressive, réaliste et finançable, intégrant les capacités réelles des ménages ;
- Une anticipation sociale pour les salariés du secteur gaz : emplois, compétences, reconversions, garanties collectives ;
- Un débat public sincère sur l’avenir du réseau gaz, organisé et assumé, et non une sortie subie par attrition réglementaire.
La transition énergétique est nécessaire.
Mais elle ne réussira pas si elle devient socialement injuste, économiquement irréaliste et humainement brutale.